ARTISTES

À la découverte envoûtante de Sombre Sabre

Anicée – 21 avril 2017

Sombre Sabre, tout nouveau projet créé pour la Superette en novembre 2016, était en résidence à la Case à Chocs mi-avril 2017. Après s’être produits au Palladium lors de l’Electron genevois -désormais défunt mais qui renaîtra de ses cendres, on l'espère- le 15 avril, ils seront à Festi’neuch le 17 juin à la Marée.

Avec Quentin, nous sommes allés leur faire une petite visite, l’air de rien, ni vu ni connu – ou presque. Nous arrivons pendant qu’ils jouent.

Nous les observons. Quentin règle son appareil, ses capteurs, et saisit l’instant à vif. Carnet à la main, observation participante, j’esquisse quelques notes. Je m’imprègne de l’atmosphère de travail qui règne entre Jona et Luc, et Gaspard et Gwenaël. Un ou deux accordages, et on entre très vite dans une sorte de transe mélodique. Impressions, soleil levant. Chacun est concentré ; chacun est seul et ensemble tout à la fois.
Tables avec ordis, synthés et boîtes à rythmes agrémentés de fils de toutes couleurs, batterie dans son plus simple appareil, guitares dont l’une est particulièrement magnifique à voir, minuscule mur d’amplis, pédales, effets, side-effects.

Gaspard et Gwenaël actionnent leurs boîtes à rythmes, une boucle, deux boucles, trois et quatre. Luc tape sur sa batterie avec brio, fougue et de manière efficace, envoûtante. Jona se déchaîne, on a l’impression qu’un hélicoptère décolle, guitare distordue. Avant cela, comme absorbé, il écoutait les autres.

L’expérience d’écouter, de visualiser, de réaliser la construction d’un morceau en live est assez géniale, même si le morceau datait de la nuit d’avant et avait déjà été joué de nombreuses fois depuis. C’est par la répétition sans relâche, la mémorisation pointue, par de l’improvisation bien maîtrisée, par des ajouts, des adjonctions, que le charme opère, que la musique est là, juste là, et qu’elle envoûte, nappes phréatiques engendrées par les boîtes à rythmes, son plus fat avec des basses, nappes sonores renforcées par la batterie, nappes mélodiques distillées par la guitare. Par moments, place à de l’electro pure. Cassages de rythme. Quelques mots échangés, conciliabules pour comprendre ce que chacun fait, pour faire des ajustements. Le set est franchement plutôt bien avancé, abouti. L’air est palpable, le QKC vibre.

L’impression d’être dans une cathédrale, bizarrement.

Ecriture d’un poème. Architecture d’un morceau : une invitation au voyage.

Une expérience très singulière que je ne peux que recommander. Pour ceux qui aiment se laisser envelopper par la montée de la musique post-rock expérimentale à colorations électroniques plus que présentes, Sombre Sabre, c’est le groupe de cette édition à découvrir, en lui laissant de ce pas le mystère qui sied ! Je n’en dirai donc pas plus, pas envie de dévoiler trop de secrets de fabrication non plus 😉