AMBIANCES

Sous le chapiteau, un dimanche après-midi

ç'gnolu de Rouqui – 12 juin 2016

Rien à redire. Ça roule. Il pleut mais les gens sont là. L'ambiance est agréable sur les Jeunes-Rives. Grand Corps malade sous le Chapiteau.

Il y a plein de gens, et même de l’espace entre les gens. Un concert dans ton salon. J’avais pas connu les festivals de cette manière. C’était bien plus rock’n’roll, tout pour la musique, les pieds dans la gadoue, les cheveux mouillés sous la pluie, un vieux shit coupé au pneu qui te tape toujours au même endroit derrière la tête, et une odeur corporelle aux relents de trois nuits passées sous tente avec trop de potes dedans.
Y’a du sens dans ce que raconte le slammer parisien, et le public est attentif, c’est plutôt remarquable par les temps qui courent. Du rap conscient. Un texte sur la quarantaine, sur ce que tu rêves encore de réaliser ou pas, sur le temps qui passe, tout ça.
Ambiance parfaite d’un dimanche après-midi humide sous le Chapiteau. De la musique à la cool. Même de la poésie, comme une porte ouverte sur l’imagination. Sortir des sentiers battus pour un instant, l’esprit peut enfin s’évader, le temps d’une chanson. L’artiste évoque un mental de résistant.
Résister.
Sans toutefois trop persister.
Au temps qui passe, aux petites frustrations quotidiennes, à la surconsommation, au conformisme, aux gens qui te remplacent ton dentifrice par du savon liquide, histoire de rire un coup.
La chanson se termine sur le verbe conchier. Elle est pas de lui mais de Renaud.
Sur l’estrade à côté de celle pour les personnes à mobilité réduite, des enfants, pamires sur les oreilles, observent le concert presque en silence. Que se passe-t-il dans leurs p’tites têtes? Se souviendront-ils un jour de cet instant?
Grand Corps Malade abrège les formalités du rappel, histoire de l’envoyer doucement. Un accordéon. Dehors le soleil est revenu, s’invitant à la fête, que dis-je, à l’agréable goûter de quatre heure au café grappa. Le concert peut se terminer. Allons manger une fondue. Au bordu don’.