ARTISTES

Félix Bergeron: « Quand tu es batteur, au final, tu aimes bien taper quand même! »

Anicée et Tania – 28 juin 2016

Rencontre avec un artiste multiple... qui a plus d'une baguette à son arc!

16_di_art_vku_felix-5

21h, dernier jour du festival. Nous avons rendez-vous avec Félix Bergeron.

Après avoir remarqué qu’il jouait avec de nombreux groupes de Suisse romande (Elynn The Green, The Two – qui ont joué à Festi’neuch en 2015, Transistor Girl, Aliose, entre autres), nous avons voulu en savoir plus sur ce musicien discret mais omniprésent. Nous avons découvert une personne passionnée et passionnante qui nous a généreusement emmenées dans son univers fait de musique, d’expérimentations et de pédagogie.

Félix joue avec énormément de formations musicales, sur de petits espaces comme sur de plus grandes scènes qu’il apprécie tout autant: « Quand tu es batteur, au final, tu aimes bien taper quand même! ». Mais son projet le plus personnel se nomme iYNNU (https://vimeo.com/168751707): il s’agit de musiques actuelles, expérimentales, qui proviennent à la fois du jazz, de l’improvisation et des musiques électroniques. « Pour moi, c’est un laboratoire sans filet, sans tricherie, sans rien! C’est un laboratoire créé pour déclencher une émotion chez le spectateur. Mais quand on débarque sur scène, on ne sait pas ce qui va se passer! ».

Il a commencé la batterie à l’âge de six ans (c’est à force de s’amuser à faire du bruit sur tous les objets qui l’environnaient qu’il en est naturellement venu à choisir cet instrument), puis il a suivi des cours durant quelques années. Mais lui qui depuis longtemps n’a pas envie d’être catégorisé, a souffert du côté très conventionnel de l’enseignement du solfège et de la batterie ainsi que des carcans imposés. Il a donc préféré continuer en autodidacte et a obtenu par la suite un master en pédagogie à la HEMU (Haute Ecole de Musique de Lausanne) pendant lequel il a fait une spécialisation en interaction electro/acoustique à Bâle.

C’est d’ailleurs pour cela qu’il enseigne beaucoup à l’heure actuelle. Responsable pédagogique de l’école Jeunesse et Musique à Saint-Légier-Blonay et professeur de batterie à l’EJMA (Ecole de Jazz et de Musique Actuelle), il privilégie une autre pédagogie davantage basée sur la découverte. Il estime qu’un enfant dès cinq ans peut aller tout de suite dans les textures sonores, sans avoir besoin de passer par la case solfège ou la lecture de partitions pour s’initier à la musique et à la rythmique! « J’ai envie de transmettre de la liberté aux enfants, c’est de la musique avant tout et pas un instrument », nous dit-il au sujet de la batterie. Il donne également des masterclasses à la HEMU sur l’interaction entre la musique électronique, la musique acoustique et l’improvisation.

Quand on lui demande quels sont les batteurs qu’il affectionne, il répond sans hésiter Julian Sartorius, qui a développé une approche de la percussion en lien avec la terre, et Alberto Malo, batteur de Sophie Hunger, pour son « bon son au bon moment ». « Ce que je recherche chez un batteur, ce n’est pas la technique, c’est ce que la machine (ordinateur) ne peut pas faire ». Machine qu’il utilise par ailleurs aussi comme un instrument, en lui permettant d’aller plus avant dans ses expérimentations. Au sujet de Fills Monkey, le duo de batteurs ayant joué plus tôt dans la journée sur la scène Lacustre, il nous dit qu’il apprécie leur créativité, qui se situe dans un autre registre, celui de l’humour.

Un grand merci à Félix pour son enthousiasme débordant et sa générosité sans limite, ressentis autant sur scène que dans cet échange! Vous pouvez trouver toutes les informations à son sujet sur son site internet: www.felixbergeronmusic.ch

Photos : Varun