AMBIANCES

L’éternel renouveau musical

18 mars 2016

Le printemps n'est pas encore officiellement annoncé, mais ça sent déjà un peu l'été du côté des Jeunes-Rives.

C’est bien connu, qu’on le veuille ou non, c’est ainsi, la vie forme des cycles. Croyant savoir de quoi demain sera fait, nous naviguons à vue, scrutant l’horizon pour y apercevoir la lueur d’un phare ou d’un autre quelconque repère.Heureusement que dans son lot d’incertitudes, la vie qui est somme toute belle, admettons-le, nous réserve plein de surprises et quelques certitudes. Et parmi ces dernières, la promesse que Festi’neuch aura une nouvelle fois bien lieu.

Lors du désormais habituel rendez-vous de la conférence de presse annonçant l’entier de la prog’, nous est dévoilé tout un programme, une palette d’artistes, certains connus et tant d’autres gagnant à le devenir.

Et chaque année, c’est le même rituel. L’affiche est dévoilée, le rideau déjà presque tombé, et les langues se délient, les réseaux pseudosociaux crépitent de réactions plus ou moins inintéressantes. Les bonnes gens réagissent, expriment leurs goûts et étalent leurs quelques connaissances musicales, les fidèles ont déjà leurs sésames sans se soucier de qui viendra jouer, les motivés le sont toujours, les bénévoles sont fin prêts, le comité au taquet, et les sceptiques, les éternels insatisfaits et autres mauvaises langues ont toujours leur mot à dire.

Et recommence ainsi au mois de mars le même mouvement, coule la même vague d’annonce d’artistes plus ou moins connus, de têtes d’affiche plus ou moins défraîchies et de perles locales à découvrir.

Les uns critiquent et les autres se réjouissent à l’idée de retourner passer de bons moments dans ce village éphémère, où le public afflue en masse quatre jours de suite au mois de juin.

Tu te rappelles avoir passé l’essentiel du dernier festival à avoir dansé à la Silent pour y retrouver Marie-Chantal, c’était génial. Ou ce fameux concert de Groundation que tu avais entamé en compagnie de Cléa pour le finir avec Alice. Le sandwich foie gras poêlé au début du live de Sébastien Tellier. L’autographe que t’as pas réussi à avoir de la part de Saez.

Les arbres dans le vent en toile de fond de la petite scène et l’orage menaçant qui offraient un cadre magique lors du concert de Bonobo un dimanche après-midi. Ou cette after tu ne sais même plus quand, dont tu es incapable de te remémorer ce que tu as fait mais c’était bien te semble-t-il.

C’est finalement un peu tout ça  Festi’neuch dans nos petites vies de Neuchâtelois et de gens d’ailleurs. Force est de constater que les festivals de musique se sont progressivement transformés en fêtes de la saucisse ces dernières années, les gens s’intéressent plus à ce qu’ils vont y manger qu’à la programmation, mais la magie opère toujours. Tous ces petits moments de rien, de surprises, de plaisir, de zapping, de nausée parfois, c’est un peu comme la vie en général mais en condensé, en concentré, en plus intense, comme quand on était jeune tu vois, on ressent des émotions fortes et on crée sans le savoir ce qui deviendra probablement de beaux souvenirs à raconter aux enfants, tu sais, ces petits que tu croises sur le site le dimanche après-midi lors de la journée des parents et que toi t’as pas dormi et que la seule bonne idée que t’as eue ces vingt-quatre dernières heures fut de prendre des lunettes de soleil, au cas où.

Rouquiniol