ARTISTES

Mad Mas: «Je suis prêt à ne manger que des pâtes pour pouvoir acheter mes vinyles»

Tania – 10 juin 2016

Artiste neuchâtelois, Mad Mas se produira sur la scène de La Plage vendredi 10 juin, à 21h. Présentation de ce mélomane averti qui va vous faire danser sur les galets.

Tout d’abord, d’où te vient ce nom ?
J’étais jeune quand j’ai choisi ce nom. Je devais avoir 18 ans environ. MAS, ce sont les trois premières lettres de mon nom de famille… On ne m’appelle pas souvent par mon prénom en fait, parce que des Michaël il y en a passablement, on m’a toujours appelé Maspo plutôt. Du coup, Maspo, c’est devenu Mas. Et MAD, c’est un petit clin d’œil à Madlib, un beatmaker américain qui est également un incroyable digger (personne passant énormément de temps à chercher des disques dans le but de les sampler ou simplement de les ajouter à une collection). Il fait partie de ces artistes qui m’influencent et qui m’ont fait tomber profondément dans le son. Ceci dit, les deux artistes que je vénère, avant tout, sont Donny Hathaway et Stevie Wonder. Une grande partie de leurs musiques respectives me donne la chair de poule et me rend complètement fou !

Comment en es-tu venu à mixer ?
J’ai commencé par faire des beats de rap. Depuis tout jeune, j’écoutais du hip-hop à fond. Mais déjà à l’époque, je n’écoutais pas forcément les mêmes «classiques» que tout le monde. J’ai aussi eu la grande chance d’avoir un frère de dix ans mon aîné, qui écoutait déjà du Madlib, du Jay Dee et d’autres artistes qui n’étaient pas encore très répandus ici. Du moins, pour les personnes de mon âge à l’époque. Il me faisait plein de CD qu’il me disait d’écouter. Au début, j’ai eu du mal à totalement apprécier la «vibe», parce que c’était assez particulier pour moi. Les mix de Madlib, par exemple, peuvent passer d’un breakbeat à de la brazil, en passant par de la soulful, du rock psychédélique, avant de revenir à quelque chose de plus jazzy, etc… ; mais il m’a encouragé à continuer d’écouter et j’ai commencé, petit à petit, à tomber amoureux de tous ces styles musicaux incroyables!

Je pense que ce qui m’a fait définitivement sombrer dans la soul, le jazz et tous ces autres styles musicaux qui en découlent, c’est ma rencontre avec Michaël Shaibi lorsque j’étudiais au CPLN. En effet, c’est lui qui m’a fait découvrir, entre autres, les originaux qu’utilisaient Jay Dee, Madlib et plein d’autres producteurs de hip-hop pour faire leurs beats. De fil en aiguille, je me suis mis à faire des beats de rap aussi et c’est grâce à cela que je me suis mis à choper plein de vinyles dans les brocantes, les bourses aux disques et un peu partout où j’ai eu la chance de voyager. Ça fait maintenant 5, 6 ans que je collectionne des disques et ce n’est pas près de s’arrêter. Je suis prêt à manger des pâtes au thon tout le mois, du moment que je peux acheter mes vinyles!

Peux-tu m’en dire un peu plus sur ton parcours, qui fait que tu es programmé sur la scène de La Plage de Festi’neuch ?
J’ai commencé à mixer chez les amis, puis au Bar King, à Neuchâtel. Je mixe aussi régulièrement au King du Lac ainsi que sur les King Boats, par exemple. Mais avant toute chose, c’est par amour du son et de le partager avec le public que je suis motivé à continuer. En général, je n’accepte que les sessions où je sais que je prendrai du plaisir. La musique restera, à tout jamais, ma plus grande passion et ce n’est pas quelque chose que je ferai pour l’argent ou autre. La notion de plaisir est la chose la plus importante à mes yeux.

J’ai également pu mixer, à plusieurs reprises, pour le stand Festi’neuch de la Fête des Vendanges grâce à Alexandre Vicky. Et c’est lors de la troisième ou quatrième fois où je mixais à ce stand, que j’ai fait la connaissance de Mayline, qui s’occupe de la coordination artistique du festival. C’est grâce à elle que j’ai la chance de pouvoir aller faire tourner des disques à Festi’neuch, cette année.

Comment te prépares-tu avant une session ?
Je ne me prépare pas vraiment, en fait. Je lance des disques dans mon sac puis je choisis les morceaux au fur et à mesure de la session, selon l’ambiance, le moment. En général, ce sont des disques que j’ai achetés dernièrement ou des disques que j’écoute en ce moment. J’espère, de tout cœur, que le temps sera avec nous car j’ai vraiment la motive à aller passer du son au bord de notre magnifique lac !